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L'Ardenne
et son voisin le Condroz sont deux régions particulièrement riches en
patrimoine tant religieux que civil, la commune de Durbuy,
joyau des ardennes belges peut
s'enorgueillir de 23 monuments
classés parmi eux la très remarquable
église romane Saint Martin
de Tohogne.
Autour
de l'église romane sont concentrés de nombreux bâtiments calcaires,
avec prédominance des fermes en long des 19e et 20e
siècles.
A
remarquer plus particulièrement une ferme en U du 18éme siècle en
moellons de calcaires équarris ancienne maison seigneuriale,
reconstruite par la famille de Nonancourt (dont les armoiries figuraient
sur l'entrée cochère disparue). En face, un groupement de fermes et de
maisons en moellons calcaires des 19e
et 20e siècles,
formant grosso modo un U, occupent l'emplacement d'une ferme du 17e
siècle dont subsistent quelques éléments.
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Situation
géographique et origine historique
Dans
le quadrilatère
Liège-Stavelot-Marche-Huy, le village de Tohogne
est situé au centre d'un
massif fertile, presque totalement contourné par les
deux rivières
l'Ourthe et le Néblon. D'où que vous veniez,
il faut monter pour arriver à une altitude de 250 m.
L'église
de Tohogne a été indéniablement construite sur un site galo-romain et
franc, dans un quadrillé remarquable au centre de l'agglomération,
probablement au plein
milieu
de l'ancienne villa (exploitation agricole) de Théodon.
Tohogne
aurait eu
son premier oratoire chrétien en
même temps qu'Ocquier
au VIle siècle, grâce à saint Sigolin, successeur
immédiat de saint Remacle de Stavelot (entre 671 et 676).
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L'ancienne
aire paroissiale
La
plus importante fille aînée de Tohogne fut certainement Wéris. La séparation
remonterait déjà au 7e s. Tohogne et Wéris couvrirent tout
un temps
à peu près l'espace-noyau du futur Comté de Durbuy. Saint-Martin de
Tohogne fut la mère des églises de Borion (encore en 1558), Bomal
(avant 1184, Durbuy et Paiange jusqu'en 1611), Barvaux (avant 1611),
Verlaine (succursale indépendante en
1843) et Houmart (succursale en
1872). Warre, églisette paroissiale (bâtie par Michel Cosme en 1889),
est la dernière-née de Tohogne. Ainsi la maternité de l'église de
Tohogne fut féconde et immense. La plus proche qui eut semblable aire
paroissiale est Xhignesse.
De
toutes les églises de l'ancienne Terre de Durbuy, Tohogne fut la seule
"intégra", c'est-à-dire qu'elle était la seule à payer
taxe entière à l'évêque, à l'archidiacre et au doyen.
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Description
du sanctuaire
Haussant
par dessus
les toits son gracieux clocher campaniforme à huit pans, sommé d'un
chaperon de même, l'église de Tohogne attire les regards du
promeneur de passage. Ce temple est dirigé vers l'Orient, lieu de la
naissance du Christ. Sans souci du décor mural et d'ornement
architectonique, malgré ses assez grandes dimensions, avec son aspect sévère,
accentué par un appareil irrégulier dans le moellonnage,
l'église relève du roman-mosan primitif.
Eglise
rurale paroissiale, l'église Saint-Martin reflète, au niveau du plan,
les caractéristiques essentielles de son style: les trois nefs sont
prises entre un chœur plus
bas
à l'est et une tour plus haute à l'ouest. Cela se
traduit
à l'extérieur par des volumes s'étageant harmonieusement. Son plan
illustre le thème des basiliques romaines (trois nefs sans transept).
Sait-on
que pareil édifice constitue, en
terre luxembourgeoise, la plus
grande église romane de la première
moitié du 11e s. Sa longueur totale est de 32,98
m et sa largeur 15,05m. Elle a été classée comme monument le 10 mars
1948.
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LA TOUR
A
l'ouest de la nef centrale se dressé une solide
tour carrée coiffée d'une flèche octogonale surmontée d'une croix.
La tour actuelle a remplacé la tour romane. La reconstruction eut
probablement lieu en 1680 lors d'une campagne de grands travaux qui
toucha également le choeur. Le
portail d'entrée (1ère moitié du 13e s.) est
composé de trois monolithes en calcaire bleu de Meuse à patine
blanche. Son linteau en bâtière est décoré en son centre d'une
simple croix pattée, en relief, faisant penser à l'emblème des
Templiers. Le 5e étage de la tour est celui des cloches. La
petite (1947) pèse 730 kg. La grosse (1858) s'appelle Martin et pèse
1.025 kg.
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LES NEFS
Les
murs de
la haute
nef sont percés de chaque côté de cinq fenêtres, en plein
cintre, situées dans l'axe de chaque travée. Les murs gouttereaux
furent surhaussés en 1812. L'examen attentif des baies
des bas-côtés fait découvrir qu'elles appartiennent à trois époques
différentes de construction. Certaines sont du 17ed'autres du
18e. La 5e fenêtre du bas-côté nord est de style gothique
flamboyant (15e s.). Dans le mur de ce même
bas-côté, sous la 2e
fenêtre, ainsi que sous la 4e fenêtre du bas-côté
sud, on distingue encore les traces d'entrées primitives. Les extrémités
orientales des petites nefs sont décorées d'une arcade aveugle
romane.
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LE CHOEUR
Le
chœur actuel est en moellons de calcaire, soigneusement appareillés.
II se
compose d'un presbytérium
rectangulaire et d'un chevet polygonal. C'est en 1682 que le chœur fut
rebâti par les seigneurs décimateurs. Les murs du presbytérium du chœur
primitif étaient sans doute ornés de grandes arcades aveugles
semblables à celles que l'on découvre derrière chaque chapelle
latérale dans la maçonnerie des bas-côtés.
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Les
fouilles
En
1975,
les
fouilles furent favorisées par la mise en restauration de l'église.
Elles n'eurent pas les résultats escomptés (édifice mérovingien).
Les vestiges rencontrés comprennent un niveau d'occupation pré-romane
et un édicule souterrain à usage de caveau. La découverte de
fragments de tuiles détermine la présence d'un bâtiment d'époque
romaine. De nombreuses sépultures ont été découvertes. Au niveau inférieur
se
situent
les inhumations en terre libre et les
tombes
maçonnées. Aucune trace d'un sanctuaire plus ancien n'a été
repérée.
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Restauration
de l'église
L'église
Saint-Martin est un magnifique édifice roman construit dans la seconde
moitié du 11e siècle.
Elle connut d'importantes modifications aux 17e et 18e
siècles et fut complètement restaurée dans les années septante par
l'architecte E.Meurisse. Commencés
en janvier 1975, les travaux s'étalèrent
sur deux ans, ils permirent bien des rénovations:
placement: des installations du chauffage par air pulsé, d'un nouveau
plafond dans les trois nefs, d'un parquet en hêtre dans le vaisseau
central, d'un nouvel autel fixe, des vitraux: etc.
Le
jubé et la sacristie ont été supprimés. Le retable a été avancé
d'un demi-mètre, le lambris du choeur, restauré et complété.
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Visite
détaillée de l'église :
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1.
Retable baroque
Retable provenant de l'autel Saint-Pierre situé avant 1975 dans
l'absidiole septentrionale.
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2.
Fonts baptismaux
De tradition romane, en calcaire bleu de Meuse, école mosane +/- fin du
13^ ou début du 14^ s.). La cuve circulaire, cantonnée de quatre têtes
saillantes (les parois ayant un décor de feuillages), est supportée
par un gros fût central entouré de quatre colon-' nettes reposant sur
une base quadrangulaire.
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3.
Bancs
Des 20 bancs placés dans la nef centrale avant la
restauration de' 1976, 15 ont été
transformés et restaurés. Ils datent de 1728. Certains possèdent
des accotoirs moulurés.
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4.
Absidiole septentrionale
Ancien emplacement de l'autel Saint-Pierre. En octobre 1994, trois
statues médiévales ont été volées. Il s'agit de «la Charité de
saint Martin» (bois peint, 90 cm, école mosane, vers 152030) et les
statues de sainte Anne trinitaire et de saint Nicolas de Myre (bois
polychrome, 61 cm, vers 1520-30). Le visiteur peut encore admirer saint
Eloi de Noyon (école mosane, 44 cm, vers 1520-30, gothique tardif) -
saint Roch de Montpellier (école mosane, 45 cm, vers 1600) - christ (40
cm, atelier du Maître de Waha, vers 1530-184p) - tête de Christ (de l'église
de Houmart, fin 18e s.) - calice (1759-1760) - burette et plateau (18°
s.) - vase reliquaire (scellé naguère dans le maître-autel) - deux
cruches et trois vases découverts lors des
fouilles en 1970 (13e-14e s. -
production d'Andenne).
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5.
Pierre tombale
Retrouvée
en 1975 dans l'absidiole septentrionale, la pierre tombale de Jean de
Vilhain, seigneur de Verlaine, époux de Marie de Fourneaux, décédé
le 12 janvier 1609, a été reconstituée et placée à cet endroit.
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6.
Retable baroque du chœur
Le retable en bois peint, partiellement doré, nous ramène +/- en 1740.
C'est Renier Panhay, célèbre sculpteur et peintre liégeois
(1674-1744), originaire de Rendeux, qui le réalisa. Avec ses deux
paires de colonnes à haut socle et
à chapiteau composite, ses portions d'entablement et sa corniche
cintrée, surmontée d'adorateurs et d'un couronnement à volutes, le
meuble se range dans la série des autels baroques liégeois. La toile
peinte, une Annonciation à la Sainte-Vierge, est de belle facture.
Les statues en bois peint de
la Vierge debout à l'enfant (170 crn) et de saint Martin de Tours (200 cm), école mosane, sont placées de part et
d'autre du retable. Elles seraient
également du même maître.
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7.
Pierres de liberté
A 1,60 m du sol, les piliers carrés à l'entrée du chœur (ancien arc
triomphal) portent à faux sur deux colonnettes. Derrière chacune, le
pilier est profondément évidé. Celle de droite est de style roman
rhénan. Il s'agirait d'un vestige du droit d'asile.
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8.
Banc des seigneurs décimateurs
Ce banc, datant de 1728, était réservé aux seigneurs décimateurs
(personnages laïcs ou religieux ayant le droit de percevoir un impôt
en nature sur un certain territoire).
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9.
Absidiole méridionale
Ancien emplacement de l'autel Saint-Sébastien (devenu autel de la
Sainte-Vierge au début du siècle). On y découvre: saint Sébastien
(chêne peint, 69 cm, école de Luxembourg, vers 1730) - saint Joseph à
l'enfant (bois peint; 101 cm, école liégeoise, milieu du 18e s.) -
ange gardien (bois peint, 150 cm, école mosane, 1767) - sainte Barbe
(bois peint, 91 cm, école luxembourgeoise, vers 1730) - saint Pierre apôtre
(bois, 73,5 cm, école liégeoise, milieu du 18^ s.) - ostensoir-soleil
(1711) - tête d'ange - Christ janséniste (1850).
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10.
Caveau
Lors du
dépavage en 1975, on a découvert
une lourde pierre masquant un escalier donnant accès à une petite cave
voûtée en plein cintre: Une trappe a été aménagée au-dessus de
l'escalier pour y accéder de façon exceptionnelle.
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11.
Chaire de vérité
Elle est de style Louis XIV (18^ s.) ainsi que les boiseries du choeur.
Sur les quatre panneaux sont
sculptés les bustes des quatre évangélistes. L'abat-voix montre une
colombe. Un ange musicien couronne l'ensemble. II était
accompagné de deux angelots dérobés en novembre 1997.
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12.
Peintures murales
En 1975, on a découvert ces vastes peintures murales sous les badigeons
postérieurs. Elles se repartissent en trois registres distincts. Le
registre supérieur est occupé par de grands personnages isolés. Au
registre médian, une série de vingt scènes se succèdent sans interruption
(la vie de Jésus en est le fil directeur). Dans le registre inférieur,
les sujets sont placés chacun entre deux arcades. Les peintures des
deux registres supérieurs ont été exécutés à la détrempe sur
enduit de plafonnage. Elles datent du 16e s. Au registre inférieur, il
s'agit essentiellement de peinture à l'huile (première moitié du 17e
s.).
Elles
constituent, avec les ensembles de la chapelle de Vieuxville et de l'église
de Bois, un témoignage précieux sur la peinture en zone rurale à
cette époque.
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13.
Calvaire
II comporte le Christ en croix, la Vierge et saint Jean. Chêne, 206 cm
(Christ), 141 et 144 cm
(Vierge et saint Jean). Ecole mosane, vers 1320-1370. Le Christ est de
style gothique attardé et n'est pas du même maître que les deux
autres statues. II constitue sans doute l'ancien Christ triomphal du
choeur avant sa reconstruction
de 1682.
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14.
Retable baroque
Retable provenant de l'autel Saint-Sébastien situé avant 1975 dans
l'absidiole méridionale.
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15.
Bénitier
Celui situé côté nord est remarquable: Il est en pierre bleue. Sa
vasque moderne repose sur le fût d'une colonne avec sculpture de style
Renaissance des 16e et 17e s. La base est un
ancien chapiteau roman du 12e
s.
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16.
Pierres tombales
Deux pierres tombales sent encastrées dans le mur du narthex. A gauche,
celle du curé Bourdon; à droite, celle du curé Poncin. Ces
deux prêtres furent originellement
enterrés dans le choeur.
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Sources :
Guide du visiteur édité par la Fabrique
d'Église de ToHogne
et gratuitement mis à disposition dans l’Eglise.
Sources ayant servi à la rédaction de ce dépliant:
Plaquette «L'église
romane
de Tohogne»
par
F. Bellin, actuellement épuisée
Plaquette «Histoire de l'église romane de Tohogne», par R.Seron.
Site du village de Tohogne
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